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Le lien entre médecine et
musique remonte aux débuts de l’humanité. Toutes les cultures
reconnurent la force guérisseuse de la musique et son influence sur
le corps et l’âme. Les philosophes et les mathématiciens, puis, plus
tard, les psychologues et les psychiatres s’efforcèrent de concevoir
une théorie et une pratique selon les concepts intellectuels et
scientifiques de leur temps.
Les anciennes civilisations asiatiques utilisaient déjà le pouvoir
guérisseur de la musique sous forme de rituels magiques et mystiques.
Pendant l’Antiquité classique, la musique servait à la restauration
de l’harmonie entre esprit et âme et de l’équilibre entre corps et
psychisme. On considérait que les malades se trouvaient dans un état
de désordre intérieur demandant à être réharmonisé. En plus de ces
effets unifiants et réorganisateurs, la musique devait également
éduquer l’âme.
Au Moyen Age, la musique représentait une part importante du
traitement médical. Elle faisait partie des disciplines canoniques
des études de médecine jusqu’au milieu du XVIème siècle.
Au cours de la Renaissance et de la période baroque, les savants se
sont occupés du rapport de la musique avec les émotions humaines, et
parmi elles, avant tout, la mélancolie. Les humeurs corporelles
étaient rétablies dans leur consistance normale par les effets
harmonisants de la musique. Les désordres physiques, psychiques et
émotionnels pouvaient être soignés par la musique médicale.
Au XIXème siècle, la musique perd son lien avec le domaine médical
classique des maladies physiques et disparaît du champ de vision des
médecins. Elle ne se rencontrera plus que sporadiquement dans
quelques hôpitaux psychiatriques.
La musicothérapie a donc une histoire prouvée vieille de trois mille
ans. Au cours des siècles se sont développées trois représentations
fondamentalement différentes les unes des autres des effets de la
musique: la musique comme outil magique et mythique, la musique
comme représentation de l’ordre cosmique et la musique comme remède.
Ces différentes interprétations influencent encore aujourd’hui les
musicothérapeutes sous différents aspects.
L’histoire moderne de la musicothérapie commence pendant l’entre
deux guerres. Les développements des sciences humaines ont alors
ouvert de nouvelles perspectives dans l’utilisation de l’art et de
la créativité dans les traitements psychiatriques. Les formes
actuelles de la musicothérapie s’insèrent dans le champ des
professions de la santé et des modèles thérapeutiques actuels. Au
cours des trente dernières années, la littérature, la recherche, la
formation ont progressé de manière frappante. Le champ de la
pratique, le nombre d’emplois et la demande se sont diversifiés et
élargis. En lien avec le huitième congrès mondial de musicothérapie
à Hambourg en 1996, l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu à
la musicothérapie le statut d’une profession de la santé dans le
domaine psychologique.
Nous avons eu en Suisse des pionniers et des précurseurs de la
musicothérapie, dont, entre autres, Emile Jaques-Dalcroze
(1865-1950), fondateur de la rythmique. Il a ouvert les portes de ce
que serait plus tard la musicothérapie en brisant les schémas
rigides de la pédagogie musicale. Edgar Willems (1890-1978),
développa les relations entre l’homme et la musique, avec tous ses
effets psychiques, corporels et spirituels. A partir de 1971, un
cercle de pionniers de la musicothérapie, suisses et étrangers, se
réunirent annuellement à La Lenk, dans l’Oberland bernois pour un "Forum de musicothérapie". Les participants suisses de ce forum
encouragèrent le développement de la musicothérapie en Suisse et
fondèrent finalement en 1981 l’Association professionnelle Suisse de
Musicothérapie (ASMT).
La musicothérapie est enseignée aujourd’hui dans trente pays
environs, dans des universités, des hautes écoles professionnelles,
des conservatoires et des instituts de formation privés homologués.
étranger
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